Un brin d’histoire : Les incidents d’avalanche au Québec

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Au Québec, les avalanches de neige occupent le second rang des risques naturels les plus meurtriers derrière les éboulements et les glissements de terrain. Elles affectent de nombreuses activités humaines incluant les habitations, les routes, les lignes de transport d’énergie, les barrages hydroélectriques, les industries minières et forestières et bien sûr les sports de montagne. Selon l’enquête historique du professeur Bernard Hétu de l’Université du Québec à Rimouski, près de 75 personnes sont mortes dans des avalanches au Québec depuis 1825.

La tragédie de Kangiqsualujjuaq du 1er janvier 1999, qui a fait neuf morts et 25 blessés parmi les résidents du village rassemblés dans l’école pour le Nouvel An, a marqué l’histoire des avalanches au Québec. C’est à la suite de l’enquête du coroner qu’est né le projet de centre d’expertise en avalanche dans la province. Avalanche Québec, auparavant nommé le Centre d’avalanche de la Haute-Gaspésie, fut alors créé. Depuis, 16 personnes sont décédées dans des avalanches de neige à travers la province. De ce nombre, six décès concernent la pratique d’activités récréatives (ski, escalade de glace, glissade, motoneige) notamment dans les Chic-Chocs où trois décès sont survenus à ce jour. 

École Kangiq 1999

D’autres régions sont également à risque, dont le parc national des Grands-Jardins (une personne emportée en février 2008, trois personnes ensevelies en février 2012 et deux autres en janvier 2017), la région du Fjord-du-Saguenay (un décès en mars 1985, deux personnes emportées en février 2014 et un décès en 2015) et la région de Thetford Mines (sept décès depuis 1969). De plus, ces statistiques ne tiennent pas compte des Québécois impliqués dans des avalanches à l’extérieur de la province comme au mont Washington au New Hampshire (plusieurs événements), au lac Louise en mars 2014 (un père et son fils), au Népal en septembre 2012 (un alpiniste) et en octobre 2014 (trois randonneuses), au Chili en octobre 2014 (un skieur), en Nouvelle-Zélande en juillet 2015 (deux randonneurs) et en Alaska en avril 2016 (un skieur). Sur les routes, l’aléa des avalanches est particulièrement présent en Haute-Gaspésie (routes 132 et 198) où sont enregistrées en moyenne 50 avalanches par année qui recouvrent une ou deux voies. Les avalanches affectent également la route 138 ainsi que la route Blanche sur la Basse-Côte-Nord.

Au cours de l’hiver 2018-2019, un total de six incidents ont été rapportés et documentés par Avalanche Québec.  Les rapports détaillés sont disponibles dans la section Éducation/Centre de documentation du site Internet.  De ce nombre, trois accidents sont survenus dans les Chic-Chocs en Gaspésie alors que les trois autres se sont produits sur la Côte-Nord (Franquelin et Sept-Îles) et au Bas-Saguenay (L’Anse-St-Jean).  Les avalanches de Sept-Îles et de L’Anse-St-Jean concernent des motoneigistes alors que toutes les autres ont affecté des skieurs.  L’incident le plus médiatisé s’est produit le 8 janvier 2019 au Mur des Patrouilleurs du mont Albert dans le parc national de la Gaspésie.  Un groupe de six skieurs a été impliqué et emporté vers le bas de la pente par l’avalanche. Toutes les victimes ont heurté des rochers et arbustes dans la descente, mais aucune n’a été ensevelie.  De l’équipement a été enfoui et perdu. De plus, quatre personnes ont été blessées dont deux plus sévèrement.  Le mois suivant, un autre incident majeur est survenu. Le 8 février, dans le secteur des Mines Madeleines, un groupe de huit skieurs s’adonnaient au plaisir de la glisse lorsqu’un d’entre eux a déclenché une plaque qui a emporté deux personnes sur plus de 200 mètres. Une victime fut complètement ensevelie tandis que l’autre a subi des blessures graves. Avec la popularité grandissante du tourisme hivernal et une explosion de l’achalandage dans l’arrière-pays (croissance de 741 % dans le parc national de la Gaspésie entre 2001 et 2017), de tels événements démontrent clairement le besoin et la pertinence des services publics de sécurité en avalanche d’Avalanche Québec.

Avalanche Québec fait un effort de collecte d’information et d’images à la suite des incidents qui surviennent partout à travers la province et même à l’extérieur. Cela nous permet de créer des statistiques, mais surtout de permettre aux utilisateurs de consulter les rapports, les analyser et éventuellement en apprendre davantage sur ces cas, dans le but d’éviter de se retrouver dans une situation similaire. Par contre, il arrive que personne ne rapporte l’incident ou que nous n’ayons pas assez d’information pour créer un rapport. De plus, nous ne produisons pas de rapport lorsqu’il n’y a personne d’impliqué dans la descente de l’avalanche. Il faut donc considérer ces statistiques en gardant en tête qu’il y a sûrement plus d’incidents!

Un texte de Dominic Boucher et Laurie Dumas.

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