Historique

L’idée d’un centre d’expertise sur les avalanches de neige au Québec remonte à l’hiver 1999 à la suite de l’avalanche tragique de Kangiqsualujjuaq qui entraîna dans la mort neuf personnes en plus d’en blesser 25 autres parmi les résidents du village rassemblés à l’école pour la veillée du Nouvel An.

Au Canada, plus de personnes sont mortes dans des avalanches de neige depuis une décennie que dans des inondations, tremblements de terre, glissements de terrain ou atteints par la foudre. Au Québec, les avalanches de neige occupent le second rang des risques naturels les plus meurtriers derrière les éboulements et les glissements de terrain. Selon une récente synthèse préparée par le professeur Bernard Hétu de l’Université du Québec à Rimouski, « le bilan provisoire des avalanches de neige au Québec depuis 1825 s’élève à 73 morts et à plus de 50 blessés. Plus de la moitié des victimes (38 morts) sont décédées alors qu’elles étaient à l’intérieur ou à proximité d’un édifice (généralement leur résidence), principalement dans les villes de Québec et de Lévis. Les activités sportives de proximité arrivent en seconde place avec 24 victimes en 20 accidents. La majorité des accidents se sont produits sur des pentes relativement courtes (dénivelé inférieur à 70 m), en dehors des zones montagneuses. Pour leur part, les activités sportives en arrière-pays (zones montagneuses) ont fait à ce jour cinq victimes. »

 

 

Au cours des quinze dernières années, on dénombre un total de 14 victimes et 25 blessés dans six avalanches survenues à travers la province. La plus meurtrière d’entre elles s’est produite le 1er janvier 1999 à Kangiqsualujjuaq dans le Nord-du-Québec (9 morts, 25 blessés). Deux accidents mortels ont eu lieu en dehors des zones montagneuses, soit le 14 février 2000 à Château-Richer (1 mort) et à Thetford Mines le 21 mars 2008 (1 mort), soit le septième du genre à se produire sur les dépôts miniers de la région depuis 1969. Finalement, trois personnes sont décédées dans autant d’avalanches survenues dans les montagnes de la Gaspésie le 13 et le 18 mars 2000 dans les secteurs des monts Vallières et du mont Albert et le 14 avril 2009 au mont Médaille dans l’arrière-pays de La Martre.

C’est dans le but d’améliorer la sécurité en avalanche au Québec que le projet d’implantation du Centre d’avalanche de la Haute-Gaspésie a été initié à l’automne 1999 par la MRC de la Haute-Gaspésie. Au cours de la première année (1999-2000), une phase de recherche a contribué à identifier clairement le problème des avalanches de neige au Québec et à proposer des solutions adéquates basées sur les programmes existants au Canada et à travers le Monde. À l’hiver 2000-2001, une phase de démarrage a permis d’entreprendre la sensibilisation du public, de débuter la formation des professionnels, d’acquérir certaines pièces d’équipement spécialisé, de positionner le Centre d’avalanche à l’échelle provinciale et nationale et de rechercher du financement pour la poursuite du projet. De 2001 à 2004, une phase d’implantation a contribué à la mise en place de programmes de sécurité en avalanche toujours en place aujourd’hui. Le Centre d’avalanche a été enregistré comme organisme à but non lucratif en juillet 2006 et continue d’assurer, sous le nom d’Avalanche Québec, l’offre d’activités et services de sécurité en avalanche de haut niveau au Québec, qui contribuent sans doute à améliorer la sécurité en avalanche, à réduire les risques d’accident et ainsi sauver des vies.